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" Pour ceux qui n'auraient pas lu cette Chronique depuis le début, nous tenons à préciser que le choix d'images décalées et burlesques est voulu. Ce site nous ressemble. De nature enjouée, nous pensons que la Voie est dans la Joie et non l'austérité. Rire de son vécu ne signifie pas le méjuger. Et rire de soi est tout de même plus agréable et plus juste que de se prendre pour un grand Mamamouchi ! "


Pour les égyptiens, la Douât est le monde de l'au-delà, que les défunts arpentent avant d’atteindre la vie éternelle. C'est le monde d'en dessous, un monde nocturne et souterrain, un monde d'épreuves divisé en douze heures.

 

" ODE GNOSTIQUE "



" Mes parents, d’Orient, m’envoyèrent un jour vers un lointain pays, après m’avoir donné un lot de Leurs trésors d’inestimable prix. Mais hélas !, on m’ôta cet habit rayonnant dont Leur amour pour moi un jour m’avait pourvu. On m’enleva aussi mon beau manteau de pourpre. Après quoi, mes parents, avant de me quitter, signèrent avec moi un pacte solennel que je gardai gravé au tréfonds de mon cœur : « Descends jusqu’en Egypte, afin d’en rapporter la Perle qui repose au fond de l’eau, auprès du terrible Serpent venimeux qui la garde. Quand tu l’apporteras, tu auras droit de prendre ton habit rayonnant et ton manteau de pourpre, et tu hériteras de tout Notre Royaume, avec Notre Second, ton frère et ton prochain. »

Je partis en voyage et je me dirigeai vers l’Occident, conduit par deux Guides fidèles, car le chemin était non sans difficultés ni sans dangers pour moi, qui étais jeune encor. J’allais tout droit au but : vers le Serpent perfide, pour lui ravir la Perle et remplir ma mission. Je m’installai non loin de là, dans un abri où j’étais solitaire, un inconnu pour tous. Un gentilhomme, plein de noblesse et qui m’était apparenté, me mit aussitôt en garde avec bonté contre l’Egypte entière et tous ses habitants, contre tous les dangers et leurs contacts impurs. Alors, pour endormir leur crainte et méfiance, je m’habillai comme eux, imitai leurs coutumes. Mais, ayant découvert que j’étais un intrus, ils firent maintes efforts, me tendirent leurs pièges, m’offrant des aliments, boissons en abondance. Moi, oubliant bientôt que j’étais « Fils de Roi », je me mis à servir leur roi usurpateur, oubliant tout, jusqu’à la Perle pour laquelle j’étais parti un jour et venu jusqu’ici ! Et, par le poids, je m’assoupis bientôt dans un profond sommeil.

Tout ceci mes parents l’apprirent sans retard et, voyant le danger, vivement s’affligèrent. Il me fut envoyé un document signé « Salut de la part de ton Père, Roi des Rois, et de ta Mère, aussi, Reine de l’Orient, et de ton Frère, encor, qui est Notre Second. A toi, Ô Notre Fils en Egypte, Salut ! Réveilles-toi enfin, sors donc de ton sommeil ! Viens prendre connaissance de ce message, souviens-toi que tu es « Fils de Roi » ! Rends-toi compte de ton état déchu, ta condition d’esclave ! Souviens-toi que c’est pour reconquérir la Perle que tu étais parti pour le pays d’Egypte ! » Je m‘éveillai soudain libéré de mon vil cauchemar. Je pus saisir la lettre, en rompis les sceaux et lus ce qui était gravé depuis longtemps au tréfonds de mon cœur. Je me souvins ainsi que j’étais « Fils de Roi », à quel noble devoir m’obligeait ma noblesse.

J’entrepris dés lors de dompter le Serpent, et l’endormis enfin en prononçant sur lui le nom de mes Parents, là-bas dans mon Royaume, et ainsi réussis à ressaisir la Perle ! Alors m’en retournai, me hâtant de rejoindre sans jamais m’arrêter la Maison de mon Père. Après m’être défait de mon habit souillé, je repris le chemin qui conduit au pays où brille la clarté de toute connaissance. La voix si bien connue et sa clarté fidèle enchantèrent ma route, et son appel conduisit mes pas encor craintifs, et son amour constant m’entraîna chaque jour, jusqu’au but du voyage."
("Avesta", Dr Hanish, Les Editions Mazdéennes, 1937, p.140)

 

L'HUMAIN N'A PLUS LA MAIN !


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Suite à la fulgurante réactivation mémorielle que je (Loris)  vécus au mois d'août 2007, et quatre années avant notre arrivée dans les Pyrénées, nous fûmes tous deux littéralement emportés par une expérimentation qui nous dépassa. Et dont nous ne comprendrons toute la portée que bien des années plus tard. Nous ne nous doutions pas que nous allions tout perdre et tout abandonner de ce qui faisait alors notre vie. Tout comme nous ne savions pas les épreuves initiatiques que nous allions devoir passer, les unes après les autres. Le rêve - de Nita sept ans auparavant - fut l'engrenage d'un tournant total. Et ses conséquences impensables. Ce qu'il déclencha nous prit tous deux de court. Et ce fut immédiat. Et long. Et douloureux. Et inquiétant. Mais nous ne pouvions rien faire d'autre que nous laisser emporter par ce qui nous dépassait totalement. L'humain n'avait plus la main !

Si je ne me posais aucune question sur ce que je vivais, ce ne fut pas le cas de Nita. Car ce que nous expérimentions était terra incognita. Les mutations inédites, spectaculaires et souffrantes. J'étais sur le fil du rasoir, à la limite de l'épuisement physique et psychique. Sans cesse sur le qui-vive, Nita m'a accompagné, gardé et veillé à chaque instant. Nous jugeons tous les situations avec les seules références que nous avons. Et les siennes lui étaient, dans ce cas, totalement inutiles ! Je ne sus pas qu'elle chercha alors une clef dans l'antique sagesse, des occultistes aux théosophes, des alchimistes aux kabbalistes. Mais elle ne trouva rien ! Nous ne comprenions rien à ce qui se passait et elle ne montra jamais son inquiétude. Il n'était pas normal que je souffre autant. La Lumière n'était pas souffrance. Etaient-ce des implants ? Une tentative d'adombrement ? Un walk-in en pleine conscience ? Qui prenait place alors ? Y avait-il danger ? Vivions-nous simplement une aventure inédite de la conscience et de l'Être ? Ma vie et ma raison étaient entre ses mains, car elle avait le pouvoir de fermer la porte tout comme elle l'avait ouverte. Mais elle ne le fit pas. Nous étions déjà allés trop loin et ne pouvions plus arrêter le processus, quel qu'il soit, sans dommage pour mon canal. Nous prîmes donc tous deux ce risque bien réel. Et notre accord fut donné pour l'inimaginable, l'inconcevable. Il y avait tant d'inconnu hors de ce quotidien limité ! Nous le savions. Nous le portions. Nous nous souvenions. Nous étions prêts à tout risquer à cette fin. Et il nous fut donné selon notre foi ! Et nous dûmes en payer le prix. Aussi.

 

AU COEUR DE LA DOUÂT
" Va en Égypte auprès du Serpent venimeux ! "


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Durant cette période de réveil mémoriel, je fis toute une série de rêves symboliques. Dans le premier, j'étais un chevalier devant affronter un Dragon lors d'un tournoi. Je lui coupais la tête, puis m'enfuyais dans le château poursuivi par des gardes. Dans le second, nous étions avec Nita au seuil d'une cathédrale de marbre blanc, face à une très grande ouverture avec un arc en plein cintre. Au dessus de l'arc, une très belle sculpture représentant des anges avec au milieu - et nous ne l'avions pas vue au début - une marionnette désarticulée qui riait semblant se moquer de nous. Nous nous sommes dit "Il se cache vraiment partout celui là !"  Nous avions reconnu le "Malin" au seuil du passage ! Quant au troisième, je remportai une couronne après avoir retiré les cornes d'un bélier. Ce faisant, je réalisais la capacité de modifier l'existence par la manifestation de mon pouvoir créateur. Dans la symbolique égyptienne, Amon-Ré (dieu solaire protecteur des pharaons) est souvent représenté sous la forme d'un bélier aux cornes recourbées en spirales, symbole de Sa puissance et de Son énergie fécondante. On Le trouve devant l'entrée du temple d'Amon à Karnak, où se dresse une allée de sphinx criocéphales (à tête de bélier) le figurant. La trame ainsi tissée, j'allais commencer un voyage initiatique au cœur de la Douât, mon royaume souterrain. Osiris l'Ancien devait faire place à l'Enfant Horus...

Tout commença par une peur. Sourde. A cette époque, je finalisais une thèse de Doctorat en Droit et le temps m'était compté. Il m'était quasi impossible de respecter ce délai qui m’aurait permis, suivant mes projections, d’entrer dans la vie active. La peur grandissait. Et je la repoussais. Chaque argument positif, basé sur toutes ces années passées à formuler une thèse sur un sujet qui au fond me laissait indifférent, était balayé. La peur finit par me saisir. Et je refusais de la voir. Tiraillé entre ces forces contraires, je décidais d’arrêter de travailler. Demain, ça irait mieux. Je reçus ce jour-là deux livres anciens, dont j’avais fait l’acquisition. L’un d'eux était particulièrement beau. Sa reliure, usée par le temps, me procura un réel plaisir. Je me mis à le cirer pour nourrir le cuir. A ma surprise, la belle reliure jaune sable disparut. Le cuir avait trop absorbé de cire et le livre était devenu marron. Pourquoi avais-je touché à ce livre ? Ne pouvais-je pas laisser les choses comme elles étaient ? Je ne pus sauver la vieille patine. Et les questions continuèrent leur ronde infernale. J’étais surpris. Je ne me souvenais pas d'avoir eu pareille attitude. Pourquoi étais-je si affecté ? A la peur de ne pas finir à l’heure un travail commencé il y a longtemps, se conjuguait la culpabilité imbécile d’avoir altéré la reliure d’un livre ancien. J’essayais par tous les moyens de me calmer, me distraire. Mais comme des butoirs, ces deux événements venaient percuter ma conscience sans lui laisser de répit. Ils m’écrasaient de leur poids et je défaillais de peur. Tout cela prenait une ampleur démesurée, inimaginable.

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Le lendemain, j'entrepris de travailler. Sans succès. La peur était toujours là. Evidente. Et refoulée. C’en était trop ! Ce sont les mots de Nita qui m'aidèrent "Lorsque la peur frappe à la porte, ouvre-lui, écoute ce qu'elle a à te dire." Ce soir-là, alors que je posai ma conscience sur cet état, la peur se déversa en moi et m'emplit jusqu'à l’étouffement. "Tu ne finiras pas ta thèse à temps ! Que diront tes parents qui t’ont si longtemps soutenu ? Et ton directeur de thèse ? Tes amis qu’en penseront-ils ? Tu seras au chômage ! La misère peut-être ?"  Et cela tournait, jaillissait de toute part. Mon esprit était un navire au bord de la tempête. Il prenait l’eau. Et je me noyais. Car ce malaise se mit à saisir peu à peu tout le corps. Doucement, puis de manière évidente. La peur m'avait saisi jusque dans la chair ! C'est alors que j'eus la sensation qu'on enfonçait un pieu de métal dans mon crâne. On me frappait comme avec un marteau et des ondes métalliques se répandaient dans tout mon corps, m’électrifiant à chaque passage. Une main s’enfonçait à l’intérieur de ma gorge, cerclée. J’avais du mal à respirer. Que se passait-il ? L'angoisse était à son comble. Allais-je mourir ? Pire, devenir fou ? J'eus la très nette impression que l’on coulait un sarcophage de plomb autour de moi. Et celui-ci prenait la forme de mon corps. On coulait du métal dans ma bouche, dans mes veines, sur ma peau. J’étais dans un cercueil ! Je délirais, à la limite de la démence. Jusqu'au moment où un éclair me traversa l’esprit. Et je sus ce qui se passait.

Je n'ai reçu, dans cette incarnation, aucun enseignement particulier. A part la Bible et quelques connaissances sur diverses religions, la lecture distraite de certains Sages et des rudiments de symbolique, je ne sais rien. Une chose pourtant m’aida durant cette épreuve. La parole des Maîtres, selon laquelle tous les êtres ne sont qu’un néant rempli d’Amour. Or. Je ne ressentais aucun amour dans mes tourments ! Tout n'était que souffrance immense et répétitive. Surement, me disais-je, si c’était mon Père (le Soi) qui voulait me parler, Il n’emprunterait pas cette voie. Ce n’est pas Sa Voix. Non, ce n’est pas mon Père ! Mais qui est-ce donc et que m’arrive t-il ? C’est alors que, dans un dernier effort, mon esprit me montra le chemin. Et je compris. C’était la voix du "Malin" (l'Ombre ou le prédateur en soi) qui avait emprunté la voix de mon âme. Je croyais être en contact avec mon Être, mais c'est lui qui me répondait. J’en eus la conviction, je subissais l’épreuve du "Malin" ! Aussitôt, le silence se fit dans ma tête. Mais il revint et je l’écartais encore. Le calme n'apparut dans mon esprit que deux jours après ! J’étais exsangue. L’enfer est bien une privation de Lumière, un tête à tête macabre avec son Ombre, le prédateur en soi. Mais s’il était aussi fort à ce moment là, c’est qu’il avait peur de perdre la place qu’il occupait jusqu’alors, l’imposteur ! Oui, celui qui fut mon Maître allait perdre son rang. Il le redoutait. Alors il me tourmenta pour que, dans son bruit et sa fureur, je ne puisse plus entendre la voix de mon Être.


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Cette expérimentation me laissa très fatigué, calme mais perturbé. J’avais la nette sensation d’être enfermé et il était inutile que je fasse quoi que ce soit. J’attendis donc, me disant qu’on finirait bien par me laisser sortir ! Je n’avais jamais demandé à entrer dans ce cercueil ! Il suffisait d’attendre. Alors j’attendis. Mes peurs étaient toujours là. Je pouvais les observer à loisir. Le lendemain, mon état était stationnaire. J'étais bien au frais dans mon cercueil et j'attendais. Je m'y sentais un peu mieux, quoiqu'un peu à l'étroit. Et je respirais mal. Que fallait-il que je fasse ? Que n’avais-je pas compris ? Je patientai. Mais toujours rien. Je passai donc ce temps à traquer le "Malin". Je découvris qu’il pouvait se cacher partout, même dans les endroits les plus inattendus. Jusque dans mon corps, dans le nom que je portais qui, comme toute pensée, n'était autre qu’un tissu de projections fondé sur des représentations illusoires. Des identités factices, faciles. Mon corps, par exemple, ne m’appartenait plus. Mais à qui pouvait-il être, s’il n’était mien ? Et qui étais-je, si ce n'était plus celui-là dans le miroir ? Je ne me l’avouais pas, mais tout cela m’inquiétait. Combien de temps cela durerait-il ? Je ne pouvais tout de même pas vivre dans un sarcophage ! Quelque chose m’échappait. J’avais besoin qu’on me délivre, d’une manière ou d’une autre !

 

LA PERLE D'APOPHIS
" Reconquiers la Perle d'Apep ! "


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Apep
(ou Apepi, Aapep, Aapef en égyptien ancien. Apophis ou Άπωφις, Άποφις, Apopis, Apofis en grec ancien) est un dieu de la mythologie égyptienne personnifiant le chaos, le "mal", l'obscurité cherchant à anéantir la création divine. Son nom Aapep ou Aapef signifie « géant » ou « serpent géant ». 


C’est Nita qui me donna la clef du cercueil, alors que j’étais enténébré. Je trouvais ses paroles sibyllines et je ne les compris pas de suite. Mais elles ne s'adressaient pas au mental et son intervention fut salvatrice. Sans elle, je serais resté dans la tombe et les séductions du "Malin" auraient fini par triompher. Et sans doute ne s’enquit-elle d’intervenir, qu'une fois son œuvre débusquée. Elle m’appela et me somma de cesser d'attendre. Mais je ne saisissais pas. Que devais-je faire ? Elle ajouta "Dit Son Nom !"  Mais le nom de qui ? Elle me dit alors  "Réclame ta part d’héritage ! Demande à rentrer chez toi ! Rappelle-toi de l’Ode Gnostique !"  Vite ! Bougre d’idiot ! Je me sentis comme un enfant que l’on venait de gronder, parce qu’il n’avait pas retenu sa leçon. Et c’était évident, je venais enfin de comprendre. C'est mon Être (le Soi) qui devait me guider sur le chemin. Il fallait que je veuille sortir de la nuit pour rejoindre le chemin qui me ramènerait chez moi. L'explication de Nita était claire :

"Il est temps de laisser "le Malin" à lui-même. Le regarder agir un peu trop revient à le laisser se nourrir plus que de raison. L'Ode Gnostique te le dit : les Parents, d'Orient, signèrent un pacte avec leur Fils, l'envoyant jusqu'en Egypte afin d'en rapporter la Perle que garde le Serpent venimeux. Après quoi, il pourra reprendre son habit rayonnant et hériter de tout Leur Royaume. En clair : tu ne peux reprendre le chemin de ta Demeure (le Soi) qu'après avoir repris la Perle, c'est-à-dire reconnu ton essence divine que le Serpent garde (ou voile). Ne reste pas près du Serpent (ton Ombre), que tu viens de débusquer (dans ses ruses). Tu sais qui il est, toi !, et où il est, partout ! Mais il est ce qu'il est et il a son utilité. Reprends-lui juste la Perle : retrouve qui tu es. Et si tu ne sais pas ou plus qui tu es, fais confiance à tes Parents (ta part divine). Cela suffit. Reconnaître le piège, retrouver son Nom et tout le reste se fera. N'est-il pas dit "Reconnais le Royaume de Dieu et tout le reste te sera donné de surcroît" et "Rends à Dieu ce qui est à Dieu et à Mammon ce qui est à Mammon" ? Ce qui est tout puissant en toi connait bien le chemin. Rends les rênes à cette essence et elle fera ce qui est nécessaire ! Ne tombe pas dans ce nouveau piège du "Malin" : croire que tu pourras maîtriser le "retournement" ; c'est encore lui qui essaie de conduire l'expérience. Rappelle-toi de l'Ode ! "


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Suite à son appel, j'implorais mon Père de me reconnaître. De m’ouvrir les portes de Son Royaume. De me délivrer du cachot, où j’étais enfermé depuis deux jours. J’attendis. Rien ne se passa. Une heure de plus. Toujours rien. Je renouvelais mes prières. Peut-être ne voudrait-Il pas m’ouvrir la porte ? Oui, peut-être pas ? Mais je reconnus le "Malin". C’est lui qui me faisait douter. Je luttais intérieurement. Je désirais tellement sortir ! Mais le "Malin" m’appelait. Il m’assurait de tous les succès si je m’alliais à lui. "Va-t-en !", lui dis-je, "je n’ai pas besoin de toi !"  Le renvoyer n’était pas la voie à suivre. Nita m’avait dit que les ténèbres sont en souffrance de Lumière. Qu'elles sont une part de soi non éclairée qui réclame de l'attention. Or, refuser de la reconnaître - ce que je continuais de faire - revenait à lui donner de l'emprise, un pouvoir sur moi. Je demandais donc au "Malin" de venir avec moi dans la demeure de mon Père. De m’accompagner, s’il le voulait, puisque de toute manière il serait toujours là. Mais j’étais déchiré. Et j'avais peur. Je répétais "Mon Père sera là, Il ne m’abandonnera pas. Non. Il ne m’abandonnera pas !"  C'est alors que je sentis un tremblement m’engourdir tout le corps. Et j’étais sorti ! Mon âme s'était libérée du cachot. J’accourus chez Nita. Elle me regarda et me confirma que j’étais bien sur le chemin du retour. Enfin ! Nous parlâmes beaucoup de nos expériences respectives. Bien que nous l’ayons toujours su sans nous le dire, nous étions profondément liés et appartenions à la même Famille, à la même Fréquence. Elle corporisait mes souffrances et mes joies. Incroyable ! Elle, qui avait cheminé si longtemps seule, pouvait enfin partager son essence.


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Mon âme était sur le chemin du retour. Mais combien périlleux il était et combien de pièges il recélait ! Je savais cependant avoir quitté les sombres contrées et je prenais comme un cadeau cette initiation. Je me sentais enfin libre. L’air, qui s’était fait si rare les jours précédant, emplissait à nouveau mes poumons. Cette sensation ineffable me fut confirmée par un rêve. Pour la première fois de ma vie, mon inconscient dialoguait librement avec mon conscient. Le monde redevenait magique comme dans mon enfance. Tout était possible. Et le rêve que je fis ce matin m’annonçait clairement que je touchais au but : Je quittais la demeure d’un vieil ami. Pour franchir le passage, je demandais à celui-ci, que je ne voyais plus, la clé. Il me délivra un code qui se composait des chiffres 6, 7 et 11. La porte s’ouvrit. Je franchissais le passage qui me séparait de la route me menant vers la demeure de mes parents. Il continuait de dialoguer avec moi sur le chemin, mais je ne pouvais plus l’entendre. Son langage était devenu inintelligible. Encore un chiffre, le 27, puis le rêve bascula. J'étais devant une grotte, où je redoutais d’entrer de peur de me perdre. Alors, pour retrouver ma route, je déroulais, comme dans le mythe de "la Toison d’or", une bobine de fil. Le songe s'arrêta au moment où je remontais à la surface, guidé par mon fil. Nouveau basculement. Je me retrouvais chez moi. Dans la demeure de mes parents. J'étais sauf et attendais la venue de mon père.

Les paroles prenaient vie, les mythes entraient en résonnance avec les pérégrinations de mon Être. Et les chiffres, liés aux arcanes du Tarot, me firent comprendre la profonde signification de ce Jeu : l’histoire de l’Homme en marche vers lui-même. J'observais alors ce chant, rapporté par mon âme. Pour franchir le seuil menant à la Demeure de mon Être, trois arcanes m'étaient proposés : l’Amoureux (6), le Chariot (7) et la Force (11). J’étais l’Amoureux à la croisée des chemins et j’avais un choix à faire. Quelle voie allais-je prendre ? Je devais aussi apprendre à conduire mon Chariot, en maitrisant les forces contradictoires qui le meuvent, afin d'avancer. Puis je devais trouver la Force de maîtriser la Bête en moi. C'est ensuite que se manifesterait le 27, formé du 2 (la Papesse) et du 7 (le Chariot). C'est Isis, Prêtresse-Gardienne du Temple des grands mystères symbolisant la Connaissance du Soi, qui devait favoriser le mouvement (le Chariot) qui me mènerait au 9 (2+7) : l'arcane de l'Ermite, le pèlerin guidé par la Lumière qui luit au fond de lui. Sa lampe n’éclaire pas le chemin, elle éclaire l’Homme en chemin. Tel l’Ermite, j'étais prêt à marcher seul pour retrouver la Terre promise qui se souvient de l'Alliance. Elle est là, au fond du cœur des Hommes ! La splendeur de l’âme touchant la Lumière ! Le Vivant, l'Unique et l'Incréé, dont les eaux nourricières étanchent toute soif. C'est Sa lumière qui s’épanche dans les silences infinis. Mais les mots sont pauvres. Et bruit. On balbutie en parlant de "Dieu". Alors gardons le silence ! Et puis chavirons ! Précipitons-nous dans le vide ! Il n’est rien à faire d'autre. Il suffit d’être nu.

 

LES CHAMPS D'IALOU !


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Dans la mythologie égyptienne, le terme "Champs d'Ialou" (en égyptien ancien "Iarw-") désigne le paradis. C'est l'endroit où les âmes justes viennent se reposer si elles ont passé toutes les épreuves de la mort.


Peu de temps après, je fis un rêve qui était plus une vision, un tableau vivant. J’étais dans des prés d’herbe tendre et verte, et je pouvais voir les eaux du repos couler à côté. Le ciel n’était pas bleu, mais blanc. Doux et éclatant. Dans ces champs, il y avait quantité d’arbres d’un vert pareil à celui de l’herbe et puis des moutons, des agneaux et des brebis aussi blanches que le ciel. Je m’en allais rejoindre ma sœur, Emmanuelle, auprès de la source où elle était assise. Le rêve s’arrêta là. J'étais bouleversé. Ainsi, le passage traversé, j’accédais à la source dans le Jardin paradisiaque ! Et celle qui m'y attendait était Nita, que je nommais Emmanuelle ("Dieu est avec nous" en hébreu).

Suite à ce rêve, je me sentis toute la journée comme un enfant parcourant un champ de blé. Je riais, chatoyé par les épis et la chaleur du soleil. Dans mon esprit pleinement conscient, je préparais la venue du Soi. Toutes les images, toutes les créatures qui venaient à moi, je les reconnaissais et les laissais partir. Elles s’appelaient sentiments, pensées, travail, possessions, peurs. "Cela ne m'appartient pas, disais-je, cela non plus ! Et cela encore, est-ce à moi ? Non !" L’outre commençait à se vider. Les derniers assaillants de la citadelle étaient partis et le temple était vide. J’étais comme une vierge prête à recevoir son divin époux, prêt à célébrer les épousailles célestes. J’étais le Néant. C’est alors que le Soleil est descendu. En moi. J’ai senti physiquement la Lumière envahir mon vide, me réjouir, me redonner vie. J’étais rempli de Lumière ! Je l’ai vue, alors même que mes yeux étaient clos, s’écouler en moi ! J’ai vécu l’éternité en une minute. Et j'ai compris. Ce n'est que dépouillé de toute connaissance, que l’on Connaît. Ce n'est que dépouillé de tout amour, que l’on Aime. Ce n'est que lorsque l’on a tout abandonné, que le miracle s'opère. Lorsque nous sommes Néant, vide de toute créature nous polluant. Alors nous devenons Un, pour un instant d'éternité.

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J’étais bouleversé. Stupéfait. Tremblant. Il n’y avait plus personne. Personne ! J’étais un trou béant sur l’Univers, une fenêtre ouverte sur l’Amour du Monde. La silhouette de mon corps traçait sur le mur blanc une porte vers les étoiles. Et la Lumière fluait de moi. Chaque pore, chaque cellule exhalait Son souffle. Le temps et l’espace n’avaient plus de sens. Je vivais dans l’éternité. Je compris que le "Royaume de Dieu" (le Soi multidimensionnel) était là, à la portée de tous, à tout instant. Mais on peut aussi Lui tourner le dos et Lui préférer les affres de la division. Et Nita m’appela. Quelle joie ! Quelle félicité de pouvoir communier, fusionner, dans  cet Amour ! A travers nos mots et nos silences. Tout mon esprit était ravagé. Une bombe atomique avait explosé dans mon corps et l’avait dévasté, contaminé de Miséricorde. Tous les schémas de pensées, les sentiments, les structurations, les conditionnements, les représentations, les projections, tous les savoirs étaient anéantis. Il n’y avait plus que la connaissance de l’Inconnaissable. Qui avait fait jaillir en moi une source, qui m’étanchait pour l’éternité. Et j’ai bu. J’ai tellement bu ! J’étais ivre d’Amour ! Je titubais de joie ! Je trébuchais ! Je voulais vivre en Cela pour toujours ! En cette Source ! Dont nous sommes les Silences. Alors, tel Job, je fus instruit sur la naissance de l’Univers. Sur le tableau noir de Sa Création, je vis Cela inventer les étoiles. Pour égayer le vide, je Le vis dessiner la Voie Lactée, puis donner forme aux galaxies, faire tourner les comètes et créer des Mondes, qu'Il habita de mille formes. Enfin, sur les anneaux de Saturne Il me déposa, pour que j'assiste à la naissance de la Terre où, d'un souffle, Il fit fleurir la Vie. Le Vivant est un miracle permanent ! A chaque seconde Dieu recréé le Monde ! A chaque instant Dieu repense les Hommes !


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Comblé de Splendeurs, dans la joie des retrouvailles, je me prosternais face contre Terre dans la contemplation de l’Unité. Ma coupe était remplie d’Amour. C'est alors que j’eus une vision. Les yeux clos, je vis un triangle se dessiner, blanc sur fond noir. A sa base un autre triangle prenait naissance, mais les couleurs étaient inversées, noir sur fond blanc. Et les deux formes se rapprochaient en leur base. Puis la vision disparut et je compris que je venais de voir le sceau de Salomon, bien que les deux triangles ne se fussent pas complètement rejoints. Ce sceau était représenté par le chiffre 6 et la lettre Vav. L’Homme debout, les pieds sur Terre et la tête dans les étoiles. Sceau de l’alliance entre "Dieu" et les Hommes ! Je terminais cette journée par une lecture des évangiles apocryphes. Elles me donnèrent ma première instruction pour ma nouvelle vie "Ceignez-vous les reins, vous qui avez vu le Royaume, gardez la porte de votre Demeure". Je n’avais vécu que pour vivre cet instant. Tout était justifié. Le temps qu’il me restait sur Terre m'était donné en plus. Pourtant. Ce n’était pas tout de toucher à l’inaccessible, encore fallait-il vivre après être mort ! Je devais désormais apprendre à marcher et, pour cela, mettre les pieds sur Terre...
 
Mon âme vécut cette nuit-là des aventures extraordinaires, si puissantes que je les ressentis jusque dans mon corps le lendemain. Je me suis dit "Chaque parole que tu prononceras désormais résonnera dans l’Univers. Tu es fils du Créateur et comme Lui, par Lui et avec Lui, tu peux créer, mais aussi bouleverser et détruire. Alors maintenant et pour l’instant, tais-toi ! Sois l’apprenti qui garde le silence et observe le jeu des énergies universelles qui irriguent l'Être". Puis le rêve bascule et mon instruction commence. Je suis à nouveau dans un champ de blé, mais en pays étranger. J'arrive dans une ferme blanche où une vieille femme, que je ne connais pas, m'instruit sur les extra-terrestres. Du balcon, j'observe la statue géante de l'un d'eux. Elle est en argent et réfléchit la lumière. Le corps ressemble à celui d’un homme vigoureux, mais la tête n’est pas humaine. Il est bien ancré à la Terre, mais garde la tête dans les étoiles. En rentrant, je dialogue avec un vieil homme qui est noir, puis blanc. Il porte en lui l’union des contraires. C’est le représentant des extra-terrestres sur Terre. Il m’avertit que leur chemin, ou celui de leurs représentants, est périlleux sur Terre et que beaucoup sont rejetés des Hommes, qui leur sont hostiles par peur. Ils sont seuls et personne ne leur fera de concession. Puis, la femme me dicte des lois que j'inscris sur un cahier vierge. La première épreuve allait commencer. Le message était clair. Sur la Terre, la tête n’est rien sans le pied. Il faut s’incarner pour réfléchir la Lumière, car les Hommes ne peuvent la voir autrement. Or, je ne l’étais plus vraiment. Il me fallait retourner sur Terre et accepter ma part animale. Reconnaître ce corps de bête, dont j'avais obstinément et ma vie durant refusé l’existence. Mon enseignement ne faisait que commencer...